à 83 ans, bernard salam goûte toujours au bonheur de pédaler. portrait d’un passionné qui enfourche son vélo et prend la route.

PORTRAIT. À 83 ans, Bernard Salam n’a qu’un bonheur : enfourcher son vélo et prendre la route

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Bernard Salam, un portrait de senior qui préfère encore prendre la route

À 83 ans, Bernard Salam ne réduit pas le bonheur à une collection de souvenirs. Il aime se lever, retrouver ses habitudes et continuer à bouger. Parmi ces plaisirs simples, le vélo tient une place régulière : il enfourche sa monture environ deux fois par semaine, prend l’air et entretient une forme qui lui permet de rester actif. Le cyclisme n’est pas l’unique passion de cet Auscitain, mais il s’inscrit naturellement dans un mode de vie tourné vers l’action plutôt que vers la retraite immobile.

Le titre de ce portrait pourrait faire croire que le vélo occupe toute son existence. La réalité est plus nuancée : Bernard Salam est d’abord un homme de sport, animé depuis des décennies par le rugby et les courses automobiles. Pourtant, son goût pour le mouvement se retrouve aussi dans ses sorties à deux roues. Sur un vélo de route, il n’est pas question de battre un record ou de se comparer aux champions : l’essentiel est de conserver le plaisir de pédaler, de sentir l’effort et de choisir sa direction.

À cet âge, chaque sortie demande un peu d’organisation. Il faut tenir compte de la météo, de son énergie du jour, de l’état de la chaussée et du trafic. Mais ces précautions ne retirent rien au plaisir ; elles permettent au contraire de préserver une pratique durable. Pour un senior, continuer à rouler peut être une façon concrète de garder ses repères, de rester en mouvement et de s’accorder un moment à soi. L’expérience apprend à adapter le rythme sans renoncer à l’envie.

Bernard Salam ne présente pas le cyclisme comme un exploit spectaculaire. Il en parle à travers un quotidien où l’activité physique s’ajoute au travail, aux rencontres et aux déplacements. Cette régularité compte davantage qu’une performance isolée. Deux sorties hebdomadaires ne font pas de lui un coureur professionnel, mais elles témoignent d’une fidélité au mouvement, comparable à celle qu’il a cultivée dans les stades et sur les circuits.

Une liberté qui se construit à chaque sortie

Prendre la route à vélo offre une liberté différente de celle ressentie au volant d’une voiture de course. Le cycliste avance à une allure qui laisse le temps d’observer les paysages, de percevoir les changements de lumière et de choisir un itinéraire selon son humeur. Cette disponibilité au monde est précieuse : l’effort reste présent, mais il s’accompagne d’une sensation d’espace que l’on ne retrouve pas toujours dans les obligations quotidiennes.

La passion du vélo se nourrit souvent de gestes modestes : vérifier les pneus, préparer une tenue adaptée, choisir une boucle familière ou découvrir un chemin moins connu. Bernard Salam connaît depuis longtemps les exigences de la préparation sportive ; même sans transformer chaque sortie en compétition, il sait que le plaisir dépend aussi de la prudence. Être à l’écoute de son corps, partir avec une réserve d’énergie et éviter de forcer inutilement sont des réflexes qui rendent la pratique plus sûre.

La comparaison entre route et circuit automobile permet de mieux comprendre ce qui l’attire dans le sport. En course, la trajectoire, la vitesse et la mécanique réclament une concentration intense. À vélo, l’effort est plus directement lié au corps et au terrain. Dans les deux cas, le participant doit anticiper, évaluer ses capacités et accepter que les conditions changent. La route, qu’elle soit parcourue sur deux roues ou dans une voiture, devient alors un espace de décision et d’attention.

Des lecteurs qui souhaitent rapprocher ces deux univers peuvent découvrir ce récit où une randonnée à vélo croise un défilé de Porsche. L’association a quelque chose de parlant pour Bernard Salam : elle réunit le plaisir de pédaler et la fascination pour les automobiles, deux manières d’habiter la route. Dans son cas, ces pratiques ne s’opposent pas ; elles composent différentes facettes d’une même curiosité.

À 83 ans, rester actif ne signifie pas reproduire les entraînements d’autrefois. Il s’agit plutôt de préserver ce qui donne envie de sortir, de maintenir un lien avec les autres et de continuer à se fixer de petits rendez-vous avec soi-même. Pour Bernard Salam, le vélo offre cette continuité : une activité accessible, adaptable et porteuse d’indépendance. Sa première leçon est simple : tant que le plaisir demeure, la route reste ouverte.

à 83 ans, bernard salam trouve son bonheur sur les routes, au guidon de son vélo. portrait d’un passionné qui savoure chaque escapade.

Du rugby à Auch aux premières passions sportives de Bernard Salam

Bien avant que les paddocks ne deviennent son terrain de jeu, Bernard Salam s’est construit dans le rugby. Il prend une licence au FC Auch en 1954 et devient pilier droit, un poste qui demande de la puissance, de la résistance et une grande solidarité avec les partenaires de mêlée. Son parcours le conduit jusqu’au niveau international junior, puis à des responsabilités de dirigeant. Le ballon ovale ne fut donc pas une parenthèse de jeunesse, mais l’un des fils conducteurs de sa vie.

Un souvenir de déplacement illustre à la fois l’époque et l’intensité du rugby amateur. Au milieu des années 1960, l’équipe auscitaine se rend à Saint-Claude la veille du match, faute d’autoroutes rapides pour avaler la distance en quelques heures. La neige accompagne le trajet. La rencontre se joue jusqu’aux dernières secondes et se termine sur une pénalité en coin, frappée de très loin par Roland Crancée, ancien international réputé pour la longueur de son coup de pied.

Bernard Salam raconte cette défaite avec la précision de celui qui a encore en tête les conditions du voyage, le froid et la tension du dernier instant. Il se souvient aussi de la stature impressionnante de Crancée, près de deux mètres, alors que les gabarits des avants ont considérablement évolué depuis. Lui-même pesait autour de 95 kilos à l’époque, un chiffre qu’il évoque avec amusement lorsqu’il le compare aux piliers contemporains, souvent beaucoup plus lourds.

Une culture de l’effort qui traverse les disciplines

Le rugby lui a appris une forme de courage collectif. Dans une mêlée, on ne peut pas avancer seul : il faut trouver l’équilibre avec les autres, tenir sa position et répondre à la pression. Sur un vélo, l’effort est plus individuel, mais l’endurance et la gestion de l’énergie restent essentielles. Cette parenté entre les disciplines ne signifie pas qu’elles se pratiquent de la même façon ; elle explique plutôt pourquoi un sportif peut se sentir chez lui dans plusieurs univers.

Le parcours de Salam se prolonge au-delà des terrains. Après avoir été joueur, il prend des responsabilités au sein du club, jusqu’à en devenir président lorsque le FC Auch évolue parmi les grandes formations françaises. Cette transition demande d’autres qualités : organiser, représenter une institution, prendre des décisions et penser au collectif sur la durée. Elle révèle un tempérament qui ne se contente pas de participer ; il souhaite aussi contribuer à la vie de son sport.

La fidélité au rugby se mesure également à la continuité entre le FC Auch et le Rugby Club Auch, ainsi qu’à l’attachement aux couleurs locales. Les clubs changent de statut, de nom ou de génération, mais les souvenirs partagés survivent aux résultats. Pour quelqu’un qui a connu les déplacements difficiles, les terrains parfois hostiles et les grands rendez-vous, le sport est aussi une histoire de liens humains. C’est ce qui rend les archives vivantes plutôt que simplement nostalgiques.

Le vélo s’insère dans cet héritage sans chercher à remplacer le rugby. Les deux sorties hebdomadaires lui procurent une activité régulière et un espace différent de celui du club ou du commerce. Là où le rugby s’organise autour d’une équipe, pédaler permet de retrouver une cadence personnelle. Le cyclisme donne ainsi une autre forme d’autonomie à un homme dont les passions ont souvent été collectives ou encadrées par des compétitions.

Son histoire rappelle qu’une carrière sportive ne se résume pas à une discipline unique. Un sportif peut passer du terrain à la gestion, puis du vestiaire aux circuits automobiles, tout en gardant les mêmes habitudes d’engagement. Chez Bernard Salam, le goût du défi ne se traduit pas par une recherche permanente de records : il se manifeste dans la capacité à rester curieux, à accepter de nouveaux rôles et à entretenir une activité physique adaptée. Cette polyvalence explique pourquoi, à 83 ans, il demeure associé à plusieurs générations de sportifs auscitains.

Pour suivre un fil conducteur concret, imaginons un jeune vendeur de ses boutiques qui découvre les archives du club : il comprendrait que les passions de son patron ne sont pas des récits séparés. Le rugby lui a donné le sens de l’équipe, le vélo entretient sa mobilité et la course lui a offert un autre terrain de maîtrise. Chacune de ces expériences enrichit les autres, sans qu’il soit nécessaire de les confondre.

La longévité de son engagement tient finalement à une qualité rarement spectaculaire : la constance. Une licence prise en 1954, des saisons vécues comme joueur et dirigeant, puis des sorties à vélo poursuivies au fil des ans dessinent un rapport au sport qui ne dépend pas d’un seul âge. Chez lui, le mouvement n’est pas un souvenir de jeunesse : il reste une habitude présente, ajustée aux possibilités de chaque étape.

Commerçant à Auch, Bernard Salam garde le contact avec les jeunes

Le sport n’explique pas à lui seul l’énergie de Bernard Salam. En 1963, il reprend le magasin de vêtements de son père, Henri, installé place de Verdun à Auch. Avec son frère Jean-Louis, il développe ensuite plusieurs commerces dans différentes villes, notamment à Pau, Condom, Villeneuve-sur-Lot et Biarritz. Cette trajectoire d’entrepreneur exige une présence quotidienne, le sens du contact et une capacité à faire évoluer une activité sans perdre l’ancrage familial.

Le commerce et le sport semblent parfois appartenir à des mondes éloignés. Pourtant, les deux reposent sur l’attention aux personnes, la discipline et l’adaptation. En magasin, il faut écouter un client et comprendre ce qu’il recherche ; sur un terrain ou un circuit, il faut lire une situation et réagir au bon moment. Bernard Salam a longtemps partagé ses semaines entre les boutiques et les compétitions, faisant de cette alternance un rythme de vie plutôt qu’une contrainte.

Son engagement professionnel l’a aussi conduit à des fonctions institutionnelles. À la fin des années 1980, il occupe la vice-présidence de la Chambre de commerce et d’industrie aux côtés d’André Daguin. Cette responsabilité témoigne de sa place dans la vie économique locale. Elle n’efface pourtant pas ses autres centres d’intérêt : même lorsque les affaires l’occupent, la passion pour les voitures de course reste présente, comme une promesse de retrouver les circuits le week-end.

Deux boutiques, une routine qui entretient l’élan

À 83 ans, il continue de travailler dans deux magasins situés rue Alsace : Henry Edouard et Rouge Gorge. Il explique que cette activité le maintient au contact des jeunes et des personnes qui l’accompagnent depuis plusieurs décennies. La boutique n’est donc pas uniquement un lieu de vente ; c’est un espace de conversations, de visages familiers et de transmission entre générations.

Il parle aussi de la valeur d’une routine matinale. Se lever, se raser et se préparer pour la journée sont des gestes ordinaires, mais ils donnent une structure au temps. Pour une personne âgée, le maintien d’un rôle social peut compter autant que l’exercice physique : on continue d’être attendu, sollicité et reconnu. Bernard Salam associe ainsi le travail à un sentiment de bien-être, sans prétendre que chaque journée est facile ou que l’âge n’impose aucun ajustement.

Le tableau suivant met en regard les principales activités qui structurent son parcours. Il ne s’agit pas de classer ses passions, mais de comprendre comment elles se complètent dans des moments différents de sa vie.

Activité Repère du parcours Ce qu’elle lui apporte
Rugby Première licence au FC Auch en 1954 Esprit d’équipe, engagement local et souvenirs sportifs
Commerce Reprise du magasin familial en 1963 Contact quotidien, responsabilités et liens durables
Sport automobile Championnat de France des circuits à partir de 1978 Défi, précision et rencontres dans les paddocks
Vélo Sorties régulières, environ deux fois par semaine Activité physique, autonomie et plaisir de rouler

Cette combinaison aide à comprendre pourquoi il ne se définit pas seulement par son âge. Le mot senior décrit une étape de la vie, mais ne résume ni ses journées ni ses projets. Le travail lui offre un cadre social ; le vélo, une parenthèse plus personnelle ; les courses, un rendez-vous avec une passion de longue date. L’équilibre ne repose pas sur une activité unique, mais sur plusieurs raisons de sortir de chez soi et de rester impliqué.

Pour un jeune collaborateur, voir un patron de 83 ans enfourcher son vélo ou parler de compétition peut aussi modifier le regard porté sur le vieillissement. Cela ne signifie pas que chacun doive maintenir le même rythme. L’exemple montre plutôt qu’il existe plusieurs façons de préserver son autonomie, en ajustant ses efforts et en gardant des activités porteuses de sens.

Les habitudes d’un commerçant ne sont pas toujours visibles depuis la rue. On aperçoit une vitrine, des clients et un passage quotidien, mais derrière se trouvent des décennies de décisions et de relations. Chez Bernard Salam, le lien professionnel rejoint la passion sportive par une même idée : demeurer en mouvement, au contact des autres et engagé dans la vie d’Auch.

De la Porsche au vélo de route, un goût durable pour le mouvement

Bernard Salam découvre d’abord le karting, mais son poids constitue alors un handicap dans cette discipline. Il ne renonce pas pour autant au sport automobile. À partir de 1978, il s’engage dans le championnat de France des circuits et remporte le titre du groupe 3 au volant d’une Porsche, grâce à dix victoires en douze courses. Il atteint aussi le podium général aux côtés de pilotes de premier plan, parmi lesquels Henri Pescarolo et Annie-Charlotte Vernet.

Une année plus tard, une sortie de piste sur le circuit d’Albi rappelle le danger inhérent à cette passion. L’accident entraîne une hospitalisation d’un mois et demi à la clinique Carlier. Cette épreuve aurait pu mettre un terme à sa carrière, mais Salam reprend le volant. En 1980, il participe pour la première fois aux 24 Heures du Mans sur une Porsche 934, puis poursuit son parcours avec Lancia et au sein d’équipes liées à des pilotes comme François Esnault et Thierry Perrier.

Il se souvient également d’avoir roulé avec des marques et des figures variées, de Ford à Alfa Romeo, Mercedes ou BMW, en passant par des pilotes tels que Jean-Pierre Beltoise, Jean-Pierre Jabouille et Jacques Laffite. La compétition demande alors une organisation rigoureuse : la semaine, il s’occupe des magasins ; le week-end, il devient en quelque sorte semi-professionnel sur les circuits. La passion se conjugue ainsi avec une vie d’entrepreneur, sans effacer les responsabilités quotidiennes.

Une transmission jusque dans les paddocks

Avec son fils Olivier, Bernard Salam fonde SDA Sport. Parmi les personnes passées par cette structure figure Frédéric Vasseur, alors élève ingénieur et devenu par la suite dirigeant de la Scuderia Ferrari en Formule 1. Cette rencontre souligne combien le sport automobile repose aussi sur les compétences techniques et l’accompagnement des jeunes, au-delà des seuls pilotes. Un paddock est un lieu où l’expérience circule entre mécaniciens, ingénieurs, organisateurs et concurrents.

Cette familiarité avec les circuits lui vaut de garder des relations dans le milieu. Il continue à se rendre sur des rendez-vous comme Spa-Francorchamps, Magny-Cours, le Castellet ou Barcelone. Il reconnaît qu’il ne roule plus à la vitesse de ses trente ans, mais il conserve la pratique pour entretenir ses réflexes. L’objectif n’est pas de nier le passage du temps ; il consiste à continuer à participer en tenant compte de ses capacités actuelles.

Le projet de rouler à Daytona en Porsche 930, dans le cadre d’une épreuve de voitures historiques organisée par Peter Auto et avec LD Racing, prolonge cette fidélité aux compétitions. L’important, dans son récit, n’est pas de présenter le déplacement comme des vacances en Floride. Il s’agit d’un rendez-vous sportif, préparé autour d’une voiture et d’un circuit mythique, qui lui permet de vivre pleinement une passion ancienne.

Pour les amateurs de la marque, la Porsche 911 et ses déclinaisons occupent une place particulière dans l’histoire de la compétition. Les évolutions récentes continuent d’alimenter les discussions, comme le montre cet article sur la nouvelle 911 Cup annoncée pour 2026. Cette actualité offre un contraste intéressant avec le parcours de Salam : les technologies changent, mais l’attrait pour la maîtrise d’une voiture de course demeure.

La différence entre l’auto et le vélo est considérable, mais leur point commun est le déplacement choisi. Une Porsche exige une maîtrise mécanique et des réactions rapides ; un vélo de route demande de doser son effort et d’être attentif aux éléments. Bernard Salam passe d’un univers à l’autre sans confondre leurs exigences. Le plaisir de piloter sur circuit ne rend pas ses sorties cyclistes secondaires : celles-ci proposent simplement une autre échelle de vitesse et une autre façon de prendre la route.

Voici quelques repères qui éclairent les passerelles entre ses pratiques :

  • La préparation : vérifier une voiture avant une course et contrôler son vélo avant une sortie relèvent de gestes différents, mais tous deux limitent les imprévus.
  • La maîtrise du rythme : sur circuit, la vitesse doit être contrôlée ; à vélo, l’effort doit rester compatible avec la distance et la forme du jour.
  • L’attention : les trajectoires, la circulation et les conditions de route imposent de rester concentré, quel que soit le véhicule.
  • Le plaisir : les sensations ne sont pas les mêmes, mais l’envie de repartir constitue le lien le plus évident.

La carrière de Salam montre que l’âge n’abolit pas une passion ; il en transforme les modalités. La compétition historique, les visites dans les paddocks et les sorties à vélo s’accordent à des rythmes distincts. Ce qui persiste, c’est l’envie de prendre le départ et de rester attentif à ce qui se passe devant soi.

La passion du vélo à 83 ans : continuer à rouler sans chercher le record

Deux sorties de vélo par semaine ne font pas de Bernard Salam un cycliste professionnel, et il ne prétend pas l’être. Cette fréquence traduit plutôt une habitude compatible avec son quotidien de commerçant et de passionné de sport automobile. Le vélo devient un moyen de rester actif sans imposer à chaque sortie un objectif de compétition. À 83 ans, cette mesure est essentielle : le plaisir dépend aussi de la capacité à respecter son propre rythme.

Le cyclisme est souvent associé à des chiffres impressionnants, aux cols gravis ou aux longues distances. Pourtant, sa valeur ne se limite pas à la performance. Pour certains, rouler signifie retrouver une routine ; pour d’autres, rejoindre des amis ou explorer un itinéraire familier. Dans le cas de Salam, la pratique s’inscrit parmi plusieurs activités qui l’aident à maintenir un lien concret avec le mouvement et l’extérieur.

Une pratique adaptée plutôt qu’un défi imposé

Choisir une sortie réaliste est une manière de prolonger la pratique. Il est utile de considérer la durée, le relief, la circulation et les conditions météorologiques avant de partir. Un parcours connu peut rassurer, tandis qu’un itinéraire nouveau demande davantage d’attention. La prudence n’est pas le contraire de la liberté : elle permet de profiter de la route sans transformer chaque imprévu en difficulté évitable.

Sur un vélo de route, les sensations changent selon le vent, la pente et l’état du revêtement. Le cycliste apprend à composer avec ces éléments, plutôt qu’à les maîtriser entièrement. Cette part d’adaptation peut rappeler la course automobile, où le pilote doit également tenir compte de l’adhérence et des conditions de piste. Mais le vélo impose un rapport plus direct à l’effort : chaque montée se ressent dans les jambes, chaque relance dépend du corps.

La sécurité demeure un point central, en particulier lorsque l’on partage la chaussée avec des véhicules. Un équipement visible, un casque correctement ajusté, une bicyclette bien entretenue et un itinéraire choisi avec soin contribuent à rendre la sortie plus sereine. Pour un pratiquant senior, il est aussi raisonnable de prévoir des pauses et de ne pas ignorer un signe de fatigue. Ces précautions ne diminuent pas l’enthousiasme ; elles le rendent plus durable.

La pratique peut également s’adapter au fil du temps. Certains cyclistes réduisent la longueur de leurs boucles, privilégient des routes moins fréquentées ou optent pour un vélo dont la position est plus confortable. D’autres alternent le vélo avec la marche ou des exercices doux. Il n’existe pas de modèle universel, et le parcours de Bernard Salam ne doit pas être transformé en règle médicale : il illustre simplement qu’une activité peut conserver sa place lorsqu’on ajuste ses exigences.

Les récits de cyclistes plus âgés montrent différentes manières de poursuivre. L’histoire de Michel Le Crom, qui roule de très longues distances à 83 ans, relève d’un engagement sportif hors norme ; elle ne doit pas servir de référence obligatoire. Bernard Salam, lui, évoque une pratique régulière, intégrée à une existence déjà occupée. La comparaison permet de rappeler que le meilleur rythme est celui qui correspond à la personne, à son expérience et à ses envies.

Le vélo entretient aussi une relation particulière au territoire. À allure modérée, on remarque des chemins, des façades et des paysages qu’un trajet motorisé laisse parfois filer. Cette attention participe au sentiment de liberté : on peut choisir une direction, modifier son parcours ou s’arrêter pour observer. Pour un Auscitain attaché à sa région, la route devient ainsi davantage qu’un simple espace de déplacement ; elle est un lieu de découverte accessible depuis le quotidien.

Enfin, continuer à pédaler peut signifier préserver une identité. Bernard Salam est connu à la fois comme ancien pilier du FC Auch, commerçant, pilote et dirigeant. Le vélo ne remplace aucune de ces histoires, mais il ajoute une pratique présente à un portrait marqué par la durée. Tant qu’il peut rouler dans de bonnes conditions et qu’il y trouve du plaisir, enfourcher son vélo reste une manière concrète de garder l’élan.

Karl
Karl

Je m'appelle Karl, et depuis aussi longtemps que je me souvienne, les Porsche ont toujours fait battre mon cœur plus vite. Né dans une petite ville en Allemagne, mon amour pour ces voitures emblématiques a débuté dès mon enfance. Je passais des heures à dessiner des 911 et des Caymans, rêvant un jour de les conduire.

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